Sa "domestication" (à partir de l'Homo erectus) a marqué un tournant dans la Préhistoire, l'être humain se distinguant alors des autres espèces animales, qui ignorent cette technique. La maîtrise du feu comme fondement de l'Humanité a inspiré de nombreux mythes, dont celui de Prométhée. A l'époque contemporaine, plusieurs oeuvres de fiction ont dépeint l'importance du feu dans les civilisations préhistoriques, tel le film La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud. On peut relever que des peuples ignorent encore l'usage du feu dans quelques régions reculées (comme en Papouasie-Nouvelle-Guinée).
De par sa puissance quasi illimitée et destructrice lorsqu'elle n'est pas contrôlée, le feu continue cependant à être craint par les hommes, ce qui lui confère une rôle très ambivalent. Parfois, il est associé à la puissance divine, d'où un grand nombre de rituels, passés ou actuels, autour du feu (voir infra). Mais il est aussi souvent associé aux forces du Mal; dans la tradition chrétienne, l'Enfer est souvent représenté comme le royaume des flammes éternelles.
Cette ambivalence se retrouve dans les aspects moraux et juridiques du feu; tantôt il a pu être considéré comme l'instrument d'une justice transcendante (le bûcher fut une condamnation pénale courante au Moyen Âge, et existe même très localement à l'époque contemporaine; alors que l'immolation est considérée par certains comme un acte de sacrifice suprême face à la justice des hommes, y compris dans des sociétés modernes, comme en Tchécoslovaquie en 1969); tantôt son usage est rigoureusement contrôlé, et parfois gravement sanctionné (l'incendie était un des plus grands crimes à Athènes).
